Etat des lieux de l’éducation au Sénégal

  

  1. A.  Chiffres clés

 

D’après la dernière publication datée de 2011 de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSP) au Sénégal, la population était estimée à 12,855,153 habitants, dont 42,6% représentait des jeunes de moins de 15 ans.

Au niveau économique, le salaire médian d’un sénégalais est de 65 000 FCFA. Le taux de chômage au sens le plus strict d’après les critères du Bureau International du Travail se situe à 10%, et est de 13% chez les jeunes en 2011. Dans la réalité, ces taux sont néanmoins bien plus élevés, notamment dans les banlieues pauvres de Dakar.

En termes de développement, le PNUD a classé le Sénégal au 154e rang sur 187 en 2012 pour son Indice de Développement Humain (IDH).

La raison de ce classement encore bas dans l’échelle des nations s’explique notamment par l’accès à l’éducation de sa jeunesse et, de façon plus générale, par le taux d’alphabétisation de sa population.

Ainsi, la Banque mondiale estimait en 2010 que seulement 39% de la population sénégalaise était alphabétisée.

Des efforts conséquents ont néanmoins été réalisés en termes d’accès à l’éducation avec un taux de scolarisation au cycle élémentaire de 93,9% en 2011, malgré des imperfections notables dans le calcul de ce ratio (absentéisme récurrent…).

 

  1. B.  Les ambitions de l’Etat en matière d’éducation

 

Depuis l’an 2000, le Sénégal s’est engagé dans la réalisation d’un plan décennal de l’éducation et de la formation dont les principaux axes sont :

  •       L’élargissement de l’accès à l’éducation et à la formation avec comme finalité, la scolarisation élémentaire universelle à l’horizon 2015 ;
  •       L’amélioration de la qualité et de l’efficacité des enseignements ;
  •       Le renforcement de la gestion stratégique du système éducatif.

Pour mettre en œuvre ce programme, le gouvernement a investi énormément d’argent ces dernières années en consacrant plus de 40% de son budget à l’éducation. Néanmoins, d’après un rapport de l’UNESCO publié en 2012, les résultats restent encore en-dessous de la moyenne du continent africain. Le pays n’a toujours pas atteint la scolarisation primaire universelle et plus de la moitié de la population reste analphabète.

 

  1. C.  L’organisation du système scolaire au Sénégal

 

Il est indispensable de connaître la manière dont sont organisées les écoles au Sénégal pour comprendre pourquoi, avec tant d’investissement dans l’éducation, le gouvernement ne parvient pas encore à obtenir les résultats souhaités. On distingue 3 types d’écoles au Sénégal: les écoles publiques, privées et communautaires.

Si les écoles publiques permettent aux familles d’inscrire gratuitement leurs enfants grâce aux subventions accordées par l’Etat, la demande est si forte que le système de double flux n’est pas rare. Concrètement, face au manque de moyens de l’Etat, les infrastructures sont insuffisantes et les enseignants sont en nombre trop restreint pour répondre aux besoins d’éducation existant. Des groupes d’élèves sont alors formés et auront par exemple cours une journée, et le lendemain ce sera au tour d’un autre groupe. Bien évidemment, ce système ne permet pas l’acquisition des connaissances de base indispensables à un élève pour espérer le passage du cycle élémentaire au cycle moyen, et encore moins à l’enseignement secondaire (lycée en France).

A cela s’ajoute le fait que le redoublement n’est que rarement envisageable dans la réalité au sein de ces écoles publiques qui peinent déjà à répondre à la demande. Conséquence directe de cette politique, les élèves de l’élémentaire qui échouent à obtenir leur diplôme en CM2 quittent le système scolaire sans aucun diplôme et viennent compléter les listes de chômeurs…

Quant aux écoles privées, qui bénéficient elles-aussi de financement de l’Etat, si leur fonctionnement interne est d’une qualité honorable, les frais d’inscription (avoisinant généralement les 25,000 FCFA mensuels) discriminent les familles les plus pauvres et s’adressent d’abord aux plus aisés.

La solution alternative pour offrir une chance aux jeunes issus de familles pauvres et laissés en marge du système éducatif classique, public et privé, vient alors des écoles communautaires. Leur principaux revenus sont tirés des inscriptions scolaires, plus faibles que dans le privé (autour de 5,000 FCFA mensuels), et elles accueillent principalement les enfants issus d’un milieu défavorisé. Encore oubliés de l’Etat il y a peu, ces écoles sont aujourd’hui reconnues dans les documents officiels comme un moyen pertinent de favoriser l’éducation pour tous et combattre l’analphabétisme.

Très souvent, ces écoles mènent des actions qui vont au-delà du simple aspect éducatif pour toucher à des problématiques sociales. Elles apportent par exemple une solution à un problème massif: l’existence de nombreux enfants sans papier, dont les parents ne pouvaient acquitter les frais de régularisation (autour de 25 000 Francs CFA). Cette absence de reconnaissance légale les empêche de s’inscrire au diplôme validant le cycle élémentaire. Ce sont des milliers d’enfants qui sont alors susceptibles de tomber dans l’analphabétisme et de dériver vers des pratiques criminelles (drogue, prostitution, racket…). Les écoles communautaires ont conclu des accords avec l’administration pour que les enfants pauvres qu’ils accueillent n’aient à payer que la moitié de cette somme et accéder ainsi à l’école.

L’Etat peut demander aussi au personnel de ces écoles d’agir sur un plan médical en diffusant des messages de prévention contre la tuberculose, contre le sida… voir même d’assurer certaines campagnes de vaccination.

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