Une école communautaire ?

On distingue 3 types d’écoles au Sénégal: les écoles publiques, privées et communautaires.

1. Le système scolaire au Sénégal

Si les écoles publiques permettent aux familles d’inscrire gratuitement leurs enfants grâce aux subventions accordées par l’Etat, la demande est si forte que le système de double flux n’est pas rare. Concrètement, face au manque de moyens de l’Etat, les infrastructures sont insuffisantes et les enseignants sont trop peu nombreux pour répondre aux besoins d’éducation existant. Des groupes d’élèves sont alors formés et auront par exemple cours une journée, et le lendemain ce sera au tour d’un autre groupe. Bien évidemment, ce système ne permet pas l’acquisition des connaissances de base indispensables à un élève pour espérer le passage du cycle élémentaire au cycle moyen, et encore moins à l’enseignement secondaire (lycée en France).

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A cela s’ajoute le fait que le redoublement n’est que rarement envisageable dans la réalité au sein de ces écoles publiques qui peinent déjà à répondre à la demande. Conséquence directe de cette politique, les élèves de l’élémentaire qui échouent à obtenir leur diplôme en CM2 quittent le système scolaire sans aucun diplôme et viennent compléter les listes de chômeurs…

Quant aux écoles privées, qui bénéficient elles-aussi de financement de l’Etat, si leur fonctionnement interne est d’une qualité honorable, les frais d’inscription (avoisinant généralement les 25,000 FCFA mensuels) discriminent les familles les plus pauvres et s’adressent d’abord aux plus aisés.

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2.  Les écoles communautaires

La solution alternative pour offrir une chance aux jeunes issus de familles pauvres et laissés en marge du système éducatif classique, public et privé, vient alors des écoles communautaires. Leur principaux revenus sont tirés des inscriptions scolaires, plus faibles que dans le privé (autour de 3500 FCFA mensuels), et elles accueillent principalement les enfants issus d’un milieu défavorisé. Encore oubliés de l’Etat il y a peu, ces écoles sont aujourd’hui reconnues dans les documents officiels comme un moyen pertinent de favoriser l’éducation pour tous et combattre l’analphabétisme.

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Très souvent, ces écoles mènent des actions qui vont au-delà du simple aspect éducatif pour toucher à des problématiques sociales. Elles apportent par exemple une solution à un problème massif: l’existence de nombreux enfants sans papier, dont les parents ne pouvaient acquitter les frais de régularisation (autour de 25 000 Francs CFA). Cette absence de reconnaissance légale les empêche de s’inscrire au diplôme validant le cycle élémentaire. Ce sont des milliers d’enfants qui sont alors susceptibles de tomber dans l’analphabétisme et de dériver vers des pratiques criminelles (drogue, prostitution, racket…). Les écoles communautaires ont conclu des accords avec l’administration pour que les enfants pauvres qu’ils accueillent n’aient à payer que la moitié de cette somme et accéder ainsi à l’école.

L’Etat peut demander aussi au personnel de ces écoles d’agir sur un plan médical en diffusant des messages de prévention contre la tuberculose, contre le sida… voir même d’assurer certaines campagnes de vaccination.

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